Restauration de l’église Saint-Mathurin – collecte de dons
Il aura fallu un géoradar pour le prouver dans la pierre. Les voûtes de l’église Saint-Mathurin de Larchant mesurent exactement 15 centimètres d’épaisseur. La même prouesse technique, au centimètre près, que celles de Notre-Dame de Paris. Une audace de construction qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le Gâtinais, ni même à Sens ou à Chartres.
Ce n’est pas un hasard. De 1005 à la Révolution, le Chapitre de Notre-Dame est seigneur de Larchant. Les deux chantiers avancent en parallèle dès 1175, portés par le même atelier parisien : mur mince, voûtes sexpartites, mêmes profils de nervures. Le portail du Jugement dernier de Larchant reprend, en réduction, celui de la cathédrale. Et la clé de voûte du chœur, longtemps restée une énigme, s’est révélée être la réplique exacte de celle de l’abside de Notre-Dame.
Les deux édifices partagent aussi un même destin de violence, l’incendie de 2019 pour l’une, le pillage de 1567, l’incendie de 1568 et l’effondrement de 1675 pour l’autre. Aujourd’hui, une même science : les chercheurs et les artisans qui restaurent Notre-Dame sont, pour partie, les mêmes qui œuvrent à Larchant.
C’est cette filiation, longtemps restée un secret de village, que Larchant fait désormais résonner au-delà de ses frontières.
Le 11 octobre marque le lancement officiel de la collecte de dons pour la restauration de l’église avec la Fondation du Patrimoine, le premier pas d’une nouvelle aventure pour sauver la « petite sœur » de Notre-Dame.
